Le RSI et les moyennes mobiles sont les deux indicateurs les plus utilisés en analyse technique. Ils sont aussi les plus mal interprétés. Voici ce qu'ils mesurent réellement.
La moyenne mobile exponentielle (EMA)
Une moyenne mobile lisse le prix pour rendre la tendance lisible. La version exponentielle (EMA) donne plus de poids aux prix récents qu'aux anciens : elle réagit donc plus vite aux changements de direction qu'une moyenne simple.
Ce gain de réactivité a un coût : elle produit aussi davantage de faux signaux. Il n'existe pas de réglage qui soit à la fois rapide et fiable — c'est un arbitrage, pas un problème à résoudre.
Le croisement de deux EMA (une courte, une longue) est le signal le plus répandu : quand la courte passe au-dessus de la longue, on parle de configuration haussière. Attention toutefois : un croisement confirme une tendance, il ne la prédit pas. Au moment où il se produit, le prix a généralement déjà bougé.
Le RSI
Le RSI (Relative Strength Index) mesure la vitesse et l'amplitude des variations récentes, sur une échelle de 0 à 100. En dessous de 30, on parle de « survente » ; au-dessus de 70, de « surachat ».
Le malentendu le plus fréquent tient dans ces deux mots. « Survendu » ne signifie pas « va remonter ». Un actif peut rester survendu pendant des semaines en pleine tendance baissière, et ruiner tous ceux qui ont acheté « parce que le RSI était bas ».
Le RSI mesure un momentum passé. Il ne contient aucune information sur l'avenir.
Les bandes de Bollinger
Elles encadrent une moyenne mobile par deux bandes calculées sur l'écart-type du prix. Leur écartement mesure la volatilité du moment : bandes larges, marché agité ; bandes resserrées, marché calme.
Le resserrement extrême — le « squeeze » — précède souvent un mouvement marqué. Mais il ne dit rien de sa direction. C'est une information sur l'amplitude à venir, pas sur le sens.
Pourquoi combiner plusieurs indicateurs
Chaque indicateur produit des faux signaux. En exiger deux simultanément — par exemple un croisement de moyennes confirmé par un RSI en zone extrême — réduit nettement leur nombre.
Cela ne les élimine jamais. Et au-delà de trois ou quatre conditions, on tombe dans le travers inverse : la stratégie ne se déclenche presque plus, et les rares signaux restants correspondent surtout aux particularités des données passées. C'est le surapprentissage.
Le choix du timeframe change tout
Un signal en bougies horaires et un signal en bougies 5 minutes n'ont pas la même fiabilité statistique. Plus l'unité de temps est courte, plus le bruit domine le signal.
Un même actif peut d'ailleurs sembler haussier en journalier et baissier en horaire au même instant. Ce n'est pas une contradiction : ce sont deux échelles différentes. S'en tenir à une unité de référence évite l'essentiel de la confusion.
Ce qu'aucun indicateur ne fera jamais
Prédire l'avenir. Un indicateur décrit une probabilité fondée sur des schémas passés, rien de plus. C'est pourquoi la gestion du risque compte au moins autant que la qualité du signal : elle, elle fonctionne quelle que soit la fiabilité de la prédiction.